HISTOIRE DE L’ICB

HISTOIRE DE L’ICB

L’annonce de la fondation de l’Institut Culturel de Bretagne -Skol-Uhel ar Vro est parue dans le journal officiel daté du 1er janvier 1982, la déclaration en ayant été faite à la Préfecture d’Ille et Vilaine le 29 décembre 1981.

Le projet de création d’un Institut Culturel de Bretagne était cependant beaucoup plus ancien puisqu’il y a avait déjà eu une première tentative de création d’un Institut National de Bretagne en 1911, à l’initiative notamment du docteur René Le Fur, originaire de Pontivy et fondateur du journal Le breton de Paris. Cet Institut National de Bretagne, dont l’organisation s’inspirait largement de celle de l’Institut de France, devait comporter six académies. Il eut pour premier président Charles Le Goffic (qui devait devenir membre de l’Académie Française en 1931). L’Institut National de Bretagne organisa un certain nombre de réunions, souvent sous la forme de banquets, en 1912 et 1913, mais, faute de reconnaissance officielle ne survécut pas à la première guerre mondiale.

Une seconde tentative eut lieu en 1941 avec la création d’un Institut Celtique de Bretagne – Framm Keltiek Breizh – qui comprenait 34 sections et qui regroupa quelques 200 membres, dont des écrivains connus, des compositeurs de musique, des architectes et d’autres figures importantes de la vie culturelle et artistique de Bretagne : il disparut en 1944 comme beaucoup de réalisations bretonnes nées durant la période de la guerre.

Le projet de création d’un Institut Culturel Breton fut relancé dès 1951 par le comité d’étude et de liaison des intérêts bretons (CELIB) dans le cadre de sa commission culturelle, que présidait le docteur Guy Vourc’h, héros de la France Libre, et il figura, mais sans succès, dans le projet de loi-programme pour la Bretagne.

Lorsque furent mises en place au début de 1974 les assemblées régionales prévues par la loi du 5 juillet 1972, un projet, déjà ancien et relancé par le CELIB, réapparut. Un crédit d’étude de 75 000 F fut voté par le Comité économique et social régional pour l’étude du projet d’un Institut culturel breton. Un volumineux rapport rédigé après de nombreuses consultations avec les responsables des principales organisations culturelles et les présidents des universités fut produit en 1975 mais ce rapport fut ensuite rangé dans un tiroir, l’exécutif de la Région n’y étant pas favorable.

Le 9 février 1977, lorsque le Président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, prononça à Ploërmel un discours annonçant un important changement de politique de l’Etat à l’égard des langues et cultures régionales et proposa aux élus bretons la conclusion d’une charte culturelle, il fut explicitement fait référence à la création d’un Institut Culturel de Bretagne.

Préparée et négociée au cours des mois qui suivirent, la Charte culturelle de Bretagne entra de fait en application le 1er janvier 1978. L’un des points les plus positifs de cette charte était de concerner l’ensemble des cinq départements bretons, dont la Loire-Atantique, séparée du reste de la Bretagne dans de nombreux autres domaines à la suite du décret Pétain-Darlan du 30 juin 1941, jamais remis en cause depuis la Libération.

Le Conseil Culturel se réunit la première fois le 5 juin à Nantes, l’Agence Technique régionale fut créée en mars 1979 à Ploërmel mais il fallu attendre la fin de 1981 pour que l’Institut Culturel de Bretagne soit à son tour créé.

Au cours de l’année 1982, un large appel fut lancé à tous les acteurs de la vie culturelle bretonne pour qu’ils adhèrent à ce nouvel organisme et des réunions d’information furent organisées à travers la Bretagne pour mettre en place, les unes après les autres, ses 16 sections, puis élire un Conseil Scientifique et d’Animation et enfin un Conseil d’Admnistration.

Un premier Président de l’Institut Culturel de Bretagne fut, de 1982 à 1986, le sénateur Georges Lombard, président de la Communauté urbaine de Brest (et ancien maire de cette ville). Le secrétariat en fut largement assuré au cours de cette première année par la Direction régionales des affaires culturelles (le directeur de l’époque, M. Michel Bohuon, qui joua un rôle important  dans la mise sur pied de l’Institut Culturel de Bretagne, en fut lui-même le premier trésorier).

Un premier budget significatif fut attribué par le Conseil régional au nouvel institut dès 1983 et un directeur, Bernard Le Nail, précédemment secrétaire général au CELIB, se mit au travail avec une secrétaire en mars 1983 à Rennes, rejoint en septembre par une secrétaire-comptable. Installé d’abord dans un entresol de l’ancienne préfecture d’Ille et Vilaine, 3, rue Martenot, l’équipe permanente de l’Institut se retrouva ensuite avec l’ensemble des services du Conseil régional à l’hôtel de Bizien (ancien archevêché) 3, contour de la Motte, puis au rez de chaussée d’un petit immeuble de bureau au fond de l’impasse de Belfort.

Elle s’installa ensuite dans les bureaux du parc d’affaires Oberthur, 74F rue de Paris, puis dans un autre immeuble de bureaux à un étage appartenant au Conseil régional et partagé avec le Comité régional de tourisme de Bretagne 1, rue raoul Ponchon, toujours à Rennes. Elle devait y rester jusqu’en novembre 2000.

Le siège de l’Institut est désormais à Vannes, au Château de l’Hermine, et ses locaux ont été inaugurés, en juillet 2001, par M. Josselin de Rohan, président du Conseil régional de Bretagne.

L’équipe permanente de l’Institut s’étoffa au fur et à mesure que se développaient ses activités et son effectif salarié total atteignait (avec un directeur et une secrétaire-générale, Mme Annaig Renault) 14 personnes au début de 1999 (avant que le service de la langue bretonne,créé et développé au sein de l’Institut, en ait été séparé afin de former une nouvelle entité, désormais totalement indépendante, l’Office de la langue bretonne / ofis ar Brezhoneg).

En 2004, sous la direction de Bernard Gestin, 6 collaborateurs continuèrent à assurer l’animation de l’Institut.

Mais en 2011, la région Bretagne, principale source de financement de l’Institut culturel décide de remettre en cause les outils créés par la Charte Culturelle de Bretagne. Elle arrête son soutien à l’Institut ce qui impose le licenciement du personnel et l’arrêt d’aide financière apportée via l’Institut à un certain nombre de projets, parfois importants, et qui couvraient des champs d’activités très divers émanant tant du travail des sections que de propositions extérieures (édition d’ouvrages, réalisation d’expositions, contribution à des œuvres de toutes sortes, musicales, picturales, audio-visuelles, organisation de conférences, colloques, constitution de bases de données, etc…).

Du fait de la décision de ses membres de continuer avec le seul bénévolat, l’Institut fonctionne dès lors avec une aide de la région bien moindre (20 000 euros au lieu de 350 000 par an) mais qui, ajoutée à celle du Conseil Général du Morbihan et de la Ville de Vannes et à beaucoup de bénévolat, lui permet de poursuivre son activité et le soutien aux travaux des sections.

Les plus touchés par ce changement sont les porteurs de projets divers, privés d’un interlocuteur repéré qui, outre l’aide financière, avait un rôle de conseil, de critique circonstanciée grâce à ses sections et de choix de projets à soutenir.

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